Une fin d'instruction chargée pour Alstom

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Absence de campagne d'information, refus de remettre des attestations d'exposition à l'amiante à tous les salariés. Alstom a été de nouveau mise à mal, hier au tribunal de Lille, où elle est jugée depuis jeudi pour mise en danger de la vie de ses salariés entre 1998 et 2001, faute d'avoir respecté la législation relative à l'amiante sur son site de Lys-lez-Lannoy. « Je ne pouvais pas sensibiliser les salariés sur l'amiante car je n'avais reçu aucune formation sur ce sujet », a expliqué Tadeusz Dyczkowski, adjoint du responsable de sécurité du site, qui assure avoir pris conscience du danger de l'amiante en 2001. « Jusque-là, l'entreprise avait fait du négationnisme, jugeait de son côté Sylvain Stanesco, un ancien salarié. Je n'ai jamais eu mon attestation d'exposition à l'amiante. » Interrogé sur cette question, le directeur des ressources humaines d'Alstom jusqu'en 2000 s'est défendu : « On avait la conviction, à tort, que tout le personnel n'avait pas été exposé. » Une information démentie par l'estimation des victimes qu'a effectué Sylvain Stanesco.Ce dernier a clôturé la journée d'audience en parlant de 7 morts et 85 malades. Le procès reprendra lundi prochain avec les plaidoiries des parties civiles et de la défense.

Fanny Bertrand