L'auberge n'est pas qu'espagnole

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L'immigration, ils l'ont choisie. Alors que demain, les députés examineront le projet de loi sur l'immigration, près de cinq cent étrangers de la métropole lilloise suivront les débats depuis l'hôtel. Eux n'ont pas droit au « luxe » des centres d'accueil pour demandeurs d'asile, dotés d'une cuisine commune. Ici, c'est neuf mètres carrés pour deux ou trois personnes.

Ce service, financé par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) dispose de 140 chambres, réparties dans une dizaine d'hôtels du Nord. « Un système souple, prévu pour quelques jours normalement », précise la Ddass, pour faire face à la saturation des centres d'hébergement d'urgence. Mais un système qui coûte cher : 990 euros par chambre et par mois.

D'autant que les cas de familles logées plusieurs années ne sont pas rares. « Le dispositif est dorénavant plus fluide », estime Pierre Pruel, directeur à la Ddass. En effet, sous l'impulsion de la loi sur l'immigration de 2003, les délais des demandes de régularisation se raccourcissent. Ils atteignent dans le Nord « trois mois pour les trois-quarts des dossiers », précise Michel Plasson, directeur de la réglementation à la préfecture. Problème : régularisation ne signifie pas forcément fin du séjour à l'hôtel. Ainsi cette femme algérienne, régularisée en une année, et qui a dû continuer à vivre à l'hôtel avec ses quatre enfants un an de plus, faute de logement.

Aujourd'hui, la majorité des familles encadrées par le service hôtel ont déjà été régularisées, mais cherchent toujours un logement. « Difficile de trouver un emploi avec un nom étranger quand en plus on a été forcé à l'inactivité pendant la demande de régularisation », explique un médiateur de l'association d'insertion Afeji.

Caroline Béhague