Les camions dans le viseur

Gilles Durand

— 

L'opération visait particulièrement les poids lourds.
L'opération visait particulièrement les poids lourds. — M.Libert / 20 Minutes

Tout penaud, Mohamed attend la sanction. Il fait partie des nombreux chauffeurs de camions qui se sont fait verbaliser, hier matin, sur l'A25. Une opération coup de poing menée par une vingtaine de CRS de la brigade autoroutière et décidée par la préfecture en réponse à l'augmentation d'accidents mortels impliquant des poids lourds : cinq depuis le début d'année. « C'est la première fois en six ans que je me fais verbaliser », soupire ce livreur pour ED. Son tort : avoir suivi de trop près un camion-citerne. « Avec la pluie, c'est très dangereux », appuie le CRS motard qui l'a interpellé. Résultat : 90 € d'amende. « C'est une infraction que l'on constate, hélas, de plus en plus souvent », souligne Jean-Christophe Bouvier, directeur de cabinet du préfet. Cinq autres camions ont été verbalisés pour la même raison, dans la seule matinée d'hier.

Une consignation de 3 000 €
« Il y aura d'autres opérations similaires, prévient Jean-Christophe Bouvier. L'an dernier, la part des poids lourds dans les accidents a trop fortement augmenté ». En cause , la vitesse. Mais aussi parfois, la fatigue. « Le non-respect des temps de pause est le délit le plus souvent observé », souligne le capitaine Emmanuel Sauvaire. Hier matin, c'est un conducteur italien qui s'est fait pincer. « Son disque de travail prouvait qu'il n'avait pas respecté les temps de pause », note le major Rémi Desrumeaux. Il ne pourra reprendre la route qu'après versement d'une consignation de 3 000 €. « Huit fraudes de ce genre sur dix sont commises par des chauffeurs étrangers », souligne le CRS. L'an dernier, 300 000 € de consignation avaient ainsi été récupérés. « Il est faux de penser qu'il y a une impunité », souligne le commissaire Céline Kichtchenko. « Néanmoins, pour la même fraude que ce chauffeur italien, un Français risque un an d'emprisonnement », avoue Rémi Desrumeaux. Hier, en cinq heures de contrôles, 180 infractions ont été constatées, dont 140 excès de vitesse, mais poids lourds et voitures confondus.

Aimant

Depuis deux ou trois ans, la fraude à l'aimant est en vogue chez les chauffeurs routiers. Cette technique permet de tricher sur les temps de conduite et de repos en déréglant le chronotachygraphe, appareil « mouchard » embarqué à bord des cabines. « Cet aimant est vendu librement en Belgique », déplore un CRS.