La victime a bien été tuée pour des plans de cannabis

Gabriel Thierry

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Le procureur Frédéric Fèvre.
Le procureur Frédéric Fèvre. — M.Libert / 20 Minutes

Avec la récolte est venue la discorde. Selon le meurtrier présumé, c'est pour un motif futile – la répartition d'éventuels gains liés à la culture de quelques plants de cannabis – que Simon Cordier a trouvé la mort, fin décembre, à Lille-Fives. Ce jeune homme d'Hellemmes n'avait plus donné signe de vie depuis le 30 décembre. Et pour cause : son corps gisait dans la remise, au fond du jardin de Geoffrey, 22 ans. Une connaissance avec qui il avait entrepris, depuis juillet, de lancer une plantation du cannabis.

Comportement bizarre
L'odeur d'herbe imprègne d'ailleurs tout ce dossier judiciaire. Le suspect, présenté au parquet hier et mis en examen pour homicide volontaire, a avoué aux enquêteurs avoir fumé une dizaine de joints le jour de la mort de Simon. Il était d'ailleurs déjà connu de la justice pour usage de stupéfiants. Après l'avis de disparition, Geoffrey avait déclaré à la police être le dernier à avoir vu Simon. Il avait même participé aux recherches. « Mais un ami trouvait son comportement bizarre », souligne une source policière.
Mardi, les enquêteurs utilisent donc le prétexte d'une perquisition liée aux stupéfiants pour jeter un œil dans la maison de Geoffrey, rue Gutenberg, dans le quartier de Fives. «  Le jeune homme déclare alors aux policiers qu'ils vont trouver un cadavre devant la remise du jardin », précise Frédéric Fèvre, le procureur de Lille. Un enterrement sommaire, sous du sable, car, selon une source policière, Geoffrey projetait d'y « couler une dalle de béton ». L'autopsie mettra en évidence de nombreuses fractures : Simon aurait été d'abord frappé avec une masse, puis étranglé, et enfin, égorgé avec un cutter.
La personnalité de Geoffrey pourrait désormais se retrouver au centre des investigations. Cet acte brutal et soudain a, en effet, été suivi d'une froide indifférence : le corps de Simon serait resté gisant dans la remise pendant dix jours, avant d'être finalement enterré.