Face au danger électrique

Gilles Durand

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ErDF* et la ville de Roubaix sont sur la même ligne. L'entreprise et l'institution ont signé, vendredi, une convention pour lutter contre l'habitat indigne. Cette première en France était testée depuis 2007, à travers un partenariat mis en place pour détecter le plus efficacement possible les dangers électriques dans certains foyers. Cette expérimentation a été motivée par l'incendie mortel d'un immeuble roubaisien en 2006 (lire encadré). La vétusté du réseau électrique était en cause. « Il s'agit d'intensifier les échanges d'information entre ErDF et la ville, explique Catherine Huguet-Buisine, adjointe (PS) chargée du dossier à la ville. En 2011, nous avons procédé à 47 visites communes dans des bâtiments suspects ». En cinq ans, près de 500 contrôles ont donné lieu à une trentaine de coupures pour défaut de sécurité. « Il n'y a aucune prise de conscience du danger, déplore Gaëtan Hachin, agent technique ErDF, chargé du suivi clients. C'est la peur de la sanction qui motive. »

Sept mille bâtiments potentiellement dégradés
Des installations « exotiques » ou « fantaisistes », il en observe régulièrement. « Souvent, ce sont des câbles trop fins ou des compteurs qui alimentent une quinzaine de logements. On peut faire cuire un œuf dessus », raconte-t-il. A Roubaix, on estime à 7 000 les bâtiments potentiellement dégradés. « Nous avons déjà lutté contre l'habitat indigne dans les courées, remarque l'adjointe à la ville. Désormais, cet habitat est plus dispersé. Heureusement, il est bien recensé grâce au service communal d'hygiène et de santé qui existe depuis 1935. » Tourcoing pourrait bientôt signer le même type de convention. Ces cinq dernières années, on y a procédé à une quinzaine de coupures pour raisons de sécurité.

Beaurepaire

En août 2006, six personnes étaient décédées dans l'incendie d'un immeuble, boulevard Beaurepaire, à Roubaix. Le propriétaire a été jugé responsable et condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal de Lille en 2010.