Deux migrants jugés pour une rixe

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Le camp de Norrent-Fontes sur l'A 26.
Le camp de Norrent-Fontes sur l'A 26. — M. Libert / 20 Minutes

Un réquisitoire exhaustif et précis. Brice Partouche, l'avocat général de la cour d'Assises du Pas-de-Calais, a réclamé hier une peine de treize ans de prison à l'encontre des deux Soudanais jugés pour « coups mortels » après la mort d'un migrant érythréen, sur une aire de l'autoroute A 26, en juillet 2008. « On ne les condamne pas parce qu'ils sont Soudanais, mais parce qu'il y a des preuves », a rappelé l'avocat général, égrénant pendant près d'une heure les différents témoignages concordants ayant permis leur interpellation. Il y a trois ans, le conflit entre les deux ethnies pour le contrôle d'un parking s'était soldé par la mort d'un homme.
L'autopsie permettra d'établir que le coup fatal avait été porté sous l'aisselle, la victime levant les bras pour se protéger d'autres coups. On a retrouvé l'ADN de l'un des deux accusés sur l'arme du crime, mais celui-ci invoque le trou de mémoire. Du coup, avant la clôture des débats, le président Duchemin interroge son comparse. « Je n'ai rien vu, assure-t-il. Mais si Hassan a commis quelque chose, il doit dire la vérité ». Il n'en dira pas plus. Son avocate n'a pas plaidé l'acquittement. Le verdict était attendu dans la soirée.G. T.