Migrants : sur les aires, c'est la guerre

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L'aire de Saint-Hilaire-Cottes suscitait des convoitises. Et pour son contrôle, ils n'hésitaient pas à se battre, voire à tuer. Deux Soudanais sont jugés jusqu'à mercredi par la cour d'assises du Pas-de-Calais, pour répondre du meurtre d'un Erythréen, Mansour Hamid, en juillet 2008. Tuée d'un coup de couteau, la victime était considérée comme le chef de son clan. « Il était dans la ligne de mire des Soudanais car considéré comme le passeur principal », précise Jean-Pierre Guilbert, qui commandait à l'époque la section de recherches de la gendarmerie. C'est le premier témoin auditionné, chargé d'éclairer les jurés sur le contexte de ce meurtre. « Les Soudanais monnayaient le droit d'entrée sur l'aire jusqu'en février, puis les Erythréens ont repris la main », indique le gendarme, précisant que ces derniers tiennent à être considérés comme les victimes. « On sent que vous mettez des guillemets », remarque le président Duchemin. Seul le couteau du meurtre a été retrouvé.G. T.