SeaFrance disparaît dans un dernier remous

Olivier Aballain

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La compagnie emploie 880 salariés en France et 130 à Douvres, de l'autre côté de la Manche.
La compagnie emploie 880 salariés en France et 130 à Douvres, de l'autre côté de la Manche. — M. Libert / 20 Minutes

C'est la fin de SeaFrance tel qu'on la connaissait. Le tribunal de commerce de Paris a rejeté hier le nouveau délai réclamé par ses salariés regroupés en coopérative (SCOP). La compagnie doit donc cesser son activité, et sa liquidation est définitive.
« C'est l'aboutissement de la volonté de la SNCF, depuis 2008, de se débarrasser de sa filiale transmanche » estime Bertrand Péricaud, président PC de la commission économie du conseil régional. Une amertume partagée par Didier Cappelle, l'un des leaders de la CFDT SeaFrance qui portait le projet de SCOP : « Les salariés sont abattus, ils se sentent trahis. » « Sarkozy s'est servi de nous pour un effet d'annonce », regrette un salarié non-syndiqué. De son côté Marc Sagot, représentant de la CGT SeaFrance, est plus offensif : « C'est un scandale d'Etat. On a amené les salariés au naufrage malgré nos mises en garde répétées. »
Allusion notamment aux dysfonctionnements en interne, dont certains (soupçons de fraudes dans les boutiques) ont provoqué en 2009 l'ouverture d'une information judiciaire, dans laquelle la CFDT est mise en cause.

Parler d'avenir
Mais Yann Capet, de la commission Mer du conseil régional, ne veut pas fermer la porte à une solution « socialement acceptable ». « La ligne Calais-Douvres est rentable, la cessation d'activité ne sera que temporaire. Mais il faut avouer que la réaction tardive de l'Etat ne facilite pas le maintien de tous les emplois ».

CFDT

François Chérèque, patron national de la CFDT, a vivement critiqué hier sur RTL la gestion du dossier par les leaders CFDT de SeaFrance, indiquant qu'il serait « certainement amené dans les jours qui viennent à proposer leur exclusion ».