Roubaix a la cote auprès des promoteurs

©2006 20 minutes

— 

Roubaix change de statut. Témoin, le lancement de trois projets immobiliers privés comprenant plus de 200 logements, à deux pas du centre-ville. Un symbole pour une ville que les promoteurs ont longtemps boudée. A l'horizon 2010, ce sont 1 400 constructions neuves qui sont envisagées. « C'est la conséquence de l'initiative publique depuis huit, dix ans », estime Pascal Boulanger, promoteur sur le site de l'ancien couvent des Petites Soeurs des Pauvres, avenue André-Diligent.

Réhabilitation de façades, reconquête de 30 000 m2 de commerces, politique culturelle : un « renouveau urbain » dont René Vandierendonck, maire (PS) de la ville, se félicite. « Il fallait créer les conditions de redémarrage de l'investissement privé. » « Roubaix est devenue une ville où l'on a envie de travailler et d'habiter », témoigne Alain Becuwe, de la Sedaf, autre investisseur sur la zone. Avec un coeur de cible, pour ces logements à 2 500 e du mètre carré en moyenne (500 à 800 e de moins qu'à Lille) : « Les clients de 30 à 40 ans, surpris de ne pouvoir acheter à Lille », explique le promoteur Icade-Capri. « Roubaix manquait de ce type de biens, explique-t-on à la mairie. Les trentenaires roubaisiens qui cherchaient à acheter allaient ailleurs. » Alors certains, comme Pascal Boulanger, n'hésitent plus à comparer Roubaix aux Vieux-Lille d'il y a trente ans. Tout en restant lucide : « Aujourd'hui, si les acheteurs se tournent vers ces secteurs moins cotés, c'est d'abord parce que le marché est porteur. »

Olivier Aballain