La voix des traducteurs entendue

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Le statut des traducteurs vacataires de la région, officiant auprès des migrants, est en bonne voie. Après leur rencontre avec le ministère de la Justice le 18 avril dernier, ce dernier a en effet décidé d'inclure cette question dans le projet de loi sur l'immigration et l'intégration, examiné à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée nationale (Lire aussi pages 6 et 7). Le mois dernier au tribunal de Coquelles, une grève des traducteurs avait notamment provoqué la libération de 27 migrants. Le projet de loi prévoit d'attribuer à ces vacataires, actuellement indemnisés environ 13 euros de l'heure et non soumis aux cotisations légales, un statut similaire à celui des vacataires de justice. Ils bénéficieraient de droits légaux, comme la couverture sociale, et de rémunérations plus élevées en cas de missions effectuées la nuit ou le week-end. « Ce serait une bonne nouvelle, témoigne un traducteur qui a souhaité rester anonyme. Si ça passe et si j'ai suffisamment de traductions pour vivre, je serai tenté de laisser tomber mon autre travail. »

« Rien n'est encore fait mais c'est en très bonne voie, commente Christophe Caux, porte-parole des traducteurs. Les ministères de la Justice et de l'Intérieur ont envie de régler le problème. » Allusion à la grève du mois dernier. « C'est sûr que ça n'a pas fait plaisir au ministère de l'Intérieur mais il fallait que ça bouge », commente Christophe Caux. Le porte-parole des traducteurs prévient : si rien ne change, « beaucoup d'interprètes ont prévu de démissionner. »

Fanny Bertrand

Le projet de loi Sarkozy met en avant la nécessité d'une immigration choisie, prioritairement à des fins professionnelles. Des associations chrétiennes et partis de gauche se disent inquiètes.