Régénération au centre du Sénat

©2006 20 minutes

— 

De l'énergie à revendre. Valérie Létard, 44 ans, la plus jeune sénatrice du Nord (UDF) n'est pas entrée en politique par hasard. Pour les habitants de Saint-Amand-les-Eaux, où elle a grandi et habite encore, elle semble simplement perpétuer une « tradition familiale » (un grand-père maire d'une petite commune, un père député européen). Mais les apparences sont trompeuses : « A 18 ans, la politique m'intéressait mais je rejetais l'engagement, explique t-elle. Le cynisme et la stratégie politiques m'énervaient. » Son « goût pour le concret » l'a plutôt poussée vers le métier d'assistante sociale. « Je voulais rétablir l'équité là où c'était possible », témoigne- t-elle. Chassez le naturel, il revient au galop : à la fin des années 1980, quand Jean-Louis Borloo, maire de Valenciennes, l'appelle à la direction de la politique de la ville, elle plonge : « La méthode de Jean-Louis, qui s'attache à un projet sans négliger d'écouter tous les avis, m'a réconciliée avec l'action politique. »

Avec un « style » Létard (une sénatrice en jean, c'est rare) qui détonne parfois : « Je me fais un peu taper sur les doigts parce que je vote des amendements socialistes sur le logement. » Réformiste oui, bulldozer non : « Les sénateurs ont vu arriver toute une nouvelle génération. L'assimilation prend du temps, mais ça vient. » D'ailleurs, si l'âge ne fait pas tout – « Robert Badinter apporte encore tellement au Sénat » –, elle imagine pourtant bien une « limite supérieure, vers 70 ans » pour se faire élire, « comme il existe un âge minimum [30 ans au Sénat] ». Elle promet d'arrêter « quand la passion ne sera plus là ». Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Olivier Aballain

La moyenne d'âge des onze sénateurs nordistes est de 60 ans, comme les députés, et trois ans de moins que la moyenne nationale.