« En matière d'énergie, le gaspillage est antisocial »

Recueilli par Gilles Durand

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Pierre Radanne, hier, à Lille.
Pierre Radanne, hier, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

La communauté urbaine de Lille (LMCU) présentait hier le livre blanc de son plan climat-énergies. Pierre Radanne, consultant spécialisé en énergie est associé au projet de la métropole.

Que peut faire une collectivité locale pour lutter contre le changement climatique ?
Ce changement climatique est la première question de solidarité obligatoire qui se pose à l'échelle de l'humanité. C'est-à-dire que les habitants de la métropole ne sont pas les seuls responsables de cette situation. Néanmoins, chacun, dans sa vie privée, est responsable de la moitié des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire.

Et le responsable de l'autre moitié?
L'activité économique en général. Or l'industrie a déjà fortement réduit ses émissions depuis plusieurs années. La métropole ne pourra donc réussir son objectif de réduction qu'en mobilisant la population.

Quel poids de l'énergie

dans le budget ?
Le territoire dépense 2,5 milliards d'euros par an à acheter de l'énergie. Chaque ménage y consacre annuellement en moyenne 2 500 € pour se loger et se déplacer. Le gaspillage est antisocial et chaque économie un peu de pouvoir d'achat en plus. D'autant que l'énergie représente 15 % du budget des plus petits salaires.

Quelle dépense est la plus grande?
La moitié des émissions est due aux transports. Parmi les idées, on peut tenter une meilleure organisation des livraisons urbaines. Très souvent, les camionnettes roulent à moitié vide.

Contributions

Le Plan climat-énergies de la communauté urbaine doit être adopté à l'automne 2012. Il n'y a plus d'objectif chiffré sur les réductions mais un Livre blanc retrace, pour l'instant, les contributions qui doivent être discutées avec les communes.