Premiers immeubles évacués dans le quartier de Moulins

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Le renouvellement urbain ne fait pas que des heureux à Lille-Moulins. En témoignent les occupants des immeubles promis à la destruction, une situation toujours délicate à gérer. Ainsi le calvaire de cette mère de famille, qui a dû vivre plusieurs semaines dans l'immeuble Somme, près du boulevard de Verdun... un ensemble évacué par la quasi-totalité des 78 familles qui l'habitaient. « Sur la fin, c'était l'enfer. Je ne dormais pas de la nuit, par peur, car nous étions pratiquement tout seuls dans le bâtiment. » Sur place, le calme des deux immeubles a effectivement quelque chose d'angoissant. Des bris de verre traînent par terre, des traces d'incendie sont visibles sur le parking. A l'intérieur du bâtiment, l'escalier, sombre, donne sur des portes condamnées. Les derniers habitants parlent, sous couvert d'anonymat, d'abandon des autorités, de coupures d'électricité à répétition... « Les actes de vandalisme se sont multipliés et la police ne venait même plus. » Lille Métropole Habitat (LMH), le bailleur, certifie toutefois : « Les espaces communs sont entretenus et les immeubles surveillés jusqu'au dernier appartement occupé. »

La dernière famille de l'immeuble déménagera demain dans une maison à Lille-Fives.« Le relogement est plus long à organiser pour certaines familles nombreuses, avec des moyens plus limités », explique Françoise Rougerie-Girardin, présidente du conseil de quartier de Moulins. « Mais aucun relogement ne se fait sans l'accord des habitants », poursuit-elle. De fait, LMH affirme organiser « autant de rencontres que nécessaire pour trouver une solution. Les familles sont actrices de leur relogement. »

En outre, les habitants bénéficient d'aides au relogement : prise en charge intégrale des frais de déménagement, forfait de 244 euros pour couvrir les frais de transfert administratifs (téléphone, courrier, etc.), et évaluation de la situation des familles six mois après leur relogement. « On m'a attribué un F3 dans le centre-ville, mais il a fallu que je me batte pour ça », témoigne une ancienne locataire. Un cabinet d'audit a été désigné pour évaluer la gestion du relogement par LMH.

Olivier Aballain