Les commerçants entre crainte et espoir

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Les commerçants et artisans s'inquiètent eux aussi des restructurations à venir dans le quartier. « J'ai appris ce projet fin 2005, alors qu'en 2004 je me suis endetté sur dix ans pour rénover mon établissement », se plaint Joseph Tchatchoua Ngatcha, pharmacien au rez-de-chaussée de l'immeuble Petit-Clémenceau, promis à la démolition vers 2009. « Et j'ai déjà subi un préjudice lié au départ des familles de Marne et Somme [à proximité]. » Même constat chez le coiffeur tout proche, dont le chiffre d'affaire a chuté de 10 %. Une situation qui n'ira pas en s'améliorant : les discussions sur le relogement ont commencé cette semaine avec les 43 familles de l'immeuble Verdun, voisin. La municipalité rassure : « On ne laissera pas tomber les commerçants. Dans le quartier renouvelé, ils joueront un rôle clé. » Des compensations financières, en cours d'évaluation, combleront la différence de chiffre d'affaires. « J'espère que cela suffira », témoigne Mohamed Bouchlaghem, patron de deux commerces. « Parce que moi, je ne veux pas quitter mon quartier. » Serge Tchatchoua Ngatcha confirme : « Lorsqu'on a choisi de s'y installer, on veut y rester. »

O. A.