Le textile régional encore sonné

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« Ça ne va pas beaucoup mieux. » Plus d'un an après la fin des quotas d'importation de produits textiles, le mot d'André Beirnaert résume bien la gueule de bois des industriels du secteur. Le président de l'Union des industries textiles du Nord n'est pas le seul à contester le bilan d'un choc « moins brutal que prévu » formulé par l'organisation internationale du travail (OIT) après la libéralisation totale des échanges.

De fait, depuis le 1er janvier 2005, une vingtaine d'entreprises du secteur ont fait l'objet d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire dans le Nord, contre une quinzaine en 2004. « Si le choc avait été moins rude, l'Union européenne n'aurait pas réinstauré certains quotas », note Paul-Dominique Ferrant, délégué d'Europole textile, un regroupement d'entreprises régionales. « Mais la France n'était déjà plus compétitive, complète Patrice Gallant, son président. Mieux vaut privilégier l'innovation, le textile technique, plutôt que de chercher des bas-prix. »

Problème : le textile technique, justement l'un des refuges de l'industrie nordiste, n'est pas à l'abri. « Depuis le début de l'année, les Asiatiques proposent des solutions à des prix inférieurs de 25 % aux nôtres, note Jacques Ferrant, PDG de Cousin-Trestec à Comines. Pour l'instant, on tient le choc, mais si ça baisse encore... »

Pourtant, tout n'est pas noir. D'abord, la hausse des prix du pétrole augmente le prix du transport, réduisant l'écart entre les produits asiatiques et les produits français. Ensuite, le dynamisme des PME nordistes est toujours là, matérialisé par le pôle de compétitivité Up-Tex. « Nous venons de recenser encore plus de 600 entreprises textiles dans la région, se réjouit Paul-Dominique Ferrant. La plupart sont des petites entreprises très réactives, qui peuvent se battre. »

Olivier Aballain