Grand stade, le changement critiqué

©2006 20 minutes

— 

Là non plus ce ne sera pas simple. Après le choix de la Communauté urbaine, le 17 mars dernier, d'implanter le Grand stade sur le site de la Borne-de-l'Espoir à Villeneuve-d'Ascq, les avis des habitants divergent.

D'abord sur la jauge : entre 40 000 et 50 000 places. « Pourquoi y aurait-il 50 000 places alors que les matchs du Losc amènent 13 000 spectateurs en moyenne ? », se demandait jeudi soir un habitant de Villeneuve-d'Ascq, lors de la première réunion de concertation. De son côté, un vice-président de la fédération française de rugby estime qu'un stade de 50 000 places « amènera des grandes compétitions de football, de rugby et des spectacles ».

Autre problématique posée par les opposants au stade, comme dans le projet de Grimonprez-Jooris-2 : la circulation et le stationnement des véhicules. « 5 000 places de parking pour 50 000 personnes, n'est-ce pas un peu léger ? Les autres se gareront dans les rues ? », se demande Philippe Devienne, des « 2sous du grand stade », une association de riverains.

Dernier caillou dans la chaussure (de foot) : le développement durable. « Le stade va mettre à néant la politique engagée par la ville depuis 2001. Le déplacement des véhicules et la pollution atmosphérique vont être multipliés par deux », avance un habitant.

Mais pour les défenseurs du projet, le foot reste le symbole de la convivialité. « A la fin des matchs, les bistrots alentours vont faire des affaires. Cela va doper l'économie locale », s'enthousiasme un habitant.

A Lille comme à Villeneuve-d'Ascq, le Grand stade a donc toujours du mal à faire l'unanimité. D'où ce commentaire d'un supporter du Losc : « Pourquoi faut-il autant de temps pour construire ce stade alors qu'à Valenciennes, il suffira de deux ans ? » Si le calendrier est respecté, le Grand stade lillois sera inauguré... à l'été 2010.

Fanny Bertrand