Les salariés se mobilisent

Gilles Durand

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L'avenir de Seafrance en suspend.
L'avenir de Seafrance en suspend. — M. Libert / 20 Minutes

L'avenir de Seafrance sera-t-il plus coopératif à l'avenir ? Le tribunal de commerce de Paris examinait hier sur le sort de la compagnie calaisienne de ferries. Placée en redressement judiciaire, Seafrance n'a plus que deux canots de sauvetage : le rachat par le consortium de transport maritime Louis Dreyfus-Armateurs et DFDS ou la reprise par les salariés sous forme de coopérative. Pour Me Philippe Brun, qui défend ce projet au tribunal, « ce serait une des plus belles coopératives ouvrières depuis la reprise des Verreries d'Albi soutenue par Jean Jaurès à la fin du XIXe siècle ».

700 coopérateurs engagés
Ce sentiment était partagé par deux cents salariés de Seafrance venus manifester, hier, à Paris devant le tribunal. « Ce statut de Scop* permet aux salariés de conserver une majorité dans l'actionnariat et les droits de vote », explique Didier Capelle, délégué CFDT, syndicat à l'origine du projet qui envisage surtout de conserver la totalité des 880 salariés et les 4 navires. Dans son offre de reprise, le consortium Dreyfus-DFDS prévoit de garder moins de 500 salariés et de se séparer d'un ferry.
Pour l'instant, 700 coopérateurs (530 salariés et 170 anciens salariés, licenciés ou retraités) se sont déjà engagés à entrer dans le capital, d'après le syndicat CFDT. Mais ce scénario reste encore aléatoire. Il manquerait 20 à 25 millions d'euros que la CFDT espère faire débourser à la SNCF, propriétaire actuel de SeaFrance. « ça leur coûterait moins cher que le plan de licenciement », souligne le syndicat. De son côté, Me Philippe Brun avoue qu'« il manque deux mois pour boucler définitivement le plan de financement de cette opération ». La compagnie SeaFrance a déjà subi deux plans sociaux et perdu près de la moitié de ses effectifs. La décision du tribunal sera rendue vendredi.

Préemption

Vers un droit de préemption pour les salariés en cas de session de leur entreprise. C'est l'objectif de l'association Agir pour une économie équitable qui organise demain, à l'assemblée nationale, une réunion de travail avec des parlementaires sur le sujet.