Les traducteurs tirent la langue

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Une première. Mardi, les traducteurs vacataires du tribunal de Coquelles seront reçus à la Chancellerie. Officiant pour les étrangers placés en rétention administrative, ils réclament aujourd'hui un véritable statut. « On est appelé n'importe quand, de façon totalement irrégulière, déplore l'un d'entre eux. En tant que vacataire, notre salaire n'est pas soumis aux cotisations légales (retraite, chômage), à l'inverse des interprètes qui travaillent, par exemple, à la préfecture.»

A ce problème récurrent vieux de dix ans s'ajoute également la question de la paie. « Le tarif horaire stagne depuis des années, témoigne Ghulam Mirza, traducteur d'origine pakistanaise qui travaille dans la métropole lilloise. Et il y a des retards dans les paiements. » Des retards qui ont mis le feu aux poudres au début du mois. Des fonds ont en effet été débloqués après qu'une grève des traducteurs a entraîné la libération d'une vingtaine de migrants. Sans interprètes, ils ne pouvaient pas être juger légalement. Les traducteurs en grève attendaient alors le règlement de vacations effectuée il y a plus d'un an, au début de l'année 2005.

Autre point d'achoppement : celui des redressements fiscaux auxquels ont été soumis certains interprètes faute d'avoir déclaré les sommes perçues. « Ils ont été suspendus mais pas annulés », précise Christophe Caux, porte-parole des traducteurs. Selon lui, « il faudra plus d'une réunion avec la Chancellerie pour classer ce dossier ».

Fanny Bertrand

Les vacataires, plus de 450 dans la région, sont payés 13,26 e de l'heure pour l'anglais, l'italien, l'allemand et l'espagnol et 16,58 E de l'heure pour les langues dites « rares ».