Le Nord a traversé l'hiver aviaire

©2006 20 minutes

— 

« Le CPE ? On n'avait pas trouvé mieux comme remède au virus H5N1. » Technicien supérieur à la fédération des chasseurs du Nord, Philippe Yvanic privilégie l'ironie à la fatalité quand il évoque la psychose liée à l'épizootie de grippe aviaire. Les faits encouragent à l'optimisme. « Au plus fort de la crise, on recevait jusqu'à une centaine d'appels par jour, se rappelle Philippe Fourgeaud, directeur des services vétérinaires (DSV) du Nord. Aujourd'hui, cela se limite à deux ou trois appels quotidiens. »

Outre l'intérêt des médias pour la mobilisation anti-CPE, le directeur de la DSV avance également l'arrivée du printemps en guise d'explication. « On sort de la mauvaise période. Les températures remontent. Les risques de contamination par la grippe sont donc plus faibles. » Et la consommation de poulet suit une courbe inverse. En effet, après un plongeon de 30 % en janvier, la consommation de volailles n'affichait, hier, plus que 15 % de baisse à l'échelle nationale, selon une étude de la fédération du commerce et de la distribution (FCD). « N'allons pas trop vite en besogne, tempère tout de même Stéphane Desse, spécialiste de la filière avicole à la chambre régionale d'agriculture. Il ne faut pas croire que la situation de la filière avicole est revenue au beau fixe. » « Certains ont décidé d'arrêter la volaille », renchérit Jean-Marie Debaisieux, secrétaire du Comité régional avicole (Cravi) qui estime que la filière régionale pourrait perdre de 20 à 25 % de sa production d'ici à la fin d'année. Face à ces prévisions alarmistes, Philippe Fourgeaud se veut rassurant. Les tests effectués sur la vingtaine de cas analysés depuis le début de la crise se sont révélés négatifs. « Et on poursuit notre travail », prévient-il.

Vincent Vantighem