Bernard Meurice : « Le bracelet ne suffit pas en lui-même »

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Interview de Bernard Meurice, bâtonnier du barreau de Lille.

Que pensez-vous du bracelet électronique ?

En tant que mesure alternative à l'incarcération, c'est à privilégier. La prison implique en effet un isolement psychique difficile à supporter. Mais il faut rester vigilant sur les conditions d'application.

C'est-à-dire ?

Le bracelet ne suffit pas en lui-même. Parallèlement, il faut mettre en place un accompagnement social et psychologique de la personne libérée.

En quoi le bracelet diffère-t-il du pointage au commissariat ?

Il est plus discret. Le pointage peut être difficile pour la personne soumise au regard réprobateur des gens. Mais il ne faut pas que le bracelet devienne une manière de suivre la personne n'importe où et n'importe quand.

Justement, que pensez-vous de la surveillance des condamnés une fois qu'ils ont purgé leur peine ?

On est là dans un système de double peine. Or quand une peine est purgée, elle n'a plus à l'être. Le fait de partir du postulat que le délinquant va récidiver me laisse pantois. Il faut plutôt axer le travail sur la réinsertion en prison.

Recueilli par Fanny Bertrand

La pose du bracelet ne peut excéder quatre ans pour un délit et six ans pour un crime. Il sera testé sur des détenus condamnés à une peine d'au moins sept ans, en liberté conditionnelle.