Le front commun des deux écoles

Gilles Durand

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De nombreux enseignants du privé ont participé au mouvement.
De nombreux enseignants du privé ont participé au mouvement. — M.Libert / 20 Minutes

Côte à côte, le lycée Jean Moulin de Roubaix et l'école Jeanne d'Arc de Leers. Du public ou du privé, les enseignants se sont retrouvés ensemble, hier, dans les rues de Lille pour manifester contre les suppressions de poste à répétition. Ce n'était pas une première, mais contrairement aux mobilisations du début d'année, l'institution catholique avait, cette fois, donné son feu vert. Résultat : certaines écoles, comme Jeanne-d'Arc, étaient même fermées et le privé rivalisait avec le public dans le cortège des cinq mille manifestants.

« Je vais me syndiquer »
« Nous sommes là pour les mêmes revendications », soulignait Nathalie, qui manifestait pour la première fois, après vingt ans de carrière. « On atteint plus de trente élèves par classe. Comment voulez-vous faire le travail individualisé qu'on nous demande ? », s'indigne-t-elle. Viviane, institutrice à Saint-Waast, à Wambrechies, est encore plus remontée. « Je vais me syndicaliser », avoue-t-elle. « Il n'y a pas de culture syndicale forte dans le privé, c'est dire si le malaise est grand », note Pierre-Richard Bontinck, président régional du SNEC-CFTC, syndicat majoritaire dans le privé. Sa crainte : voir, l'an prochain, 150 enseignants contractuels du primaire manquer d'heures et perdre, ainsi, leur ancienneté après cinq ans de CDD.