Fidèle au gigaphone

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La mobilisation contre la réforme Fillon l'année dernière, puis celle contre le CPE en ce moment. Entre ces deux évènements, Giacomo Verde, en terminale au lycée Baggio de Lille, a décidé de s'engager. Depuis septembre 2005, il dirige le comité lillois de la Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne). « J'ai réussi à rassembler une cinquantaine de personnes et on a maintenant un représentant dans chaque lycée du Nord », déclare-t-il. Son extinction de voix et les cernes de la veille trahissent une fatigue accumulée au cours des dernières semaines. « Ce sont les tracts et les affiches qui me prennent le plus de temps », explique-t-il en précisant recevoir de l'aide de la CGT et de membres de la Fidl. Avec l'assurance de ses vingt ans et son brin d'arrogance, Giacomo pourrait régler la crise du CPE à sa manière : « En provoquant la dissolution de l'Assemblée nationale », affirme-t-il, car « l'UMP n'est pas représentative de la France ». Son intérêt pour la politique, il le partage surtout avec son père d'origine sicilienne : « J'ai l'habitude de suivre les débats politiques avec lui. » Mais aujourd'hui, c'est Giacomo qui est sur les plateaux de télévision, comme ce fut le cas sur une émission de France 2 au début du mouvement. « Mon point fort, c'est ma capacité à réagir au quart de tour, analyse le jeune homme. C'est pour ça que les gens de la Fidl me réclament au bureau national. » Et quand il n'est pas sur un plateau télé, dans une manif ou à une réunion, Giacomo prend soin d'une autre de ses passions : l'informatique. « J'ai créé un site d'hébergement de serveurs et de sites Web avec trois amis, explique-t-il, tout en concédant : heureusement qu'ils sont là pour s'en occuper en ce moment. » En attendant plus que jamais, le retrait du CPE, Giacomo pense, parfois, à son bac : « Ce n'est pas un souci pour moi, j'ai eu mon CAP et mon BEP avec seize de moyenne, j'aurai au moins douze au bac. » D'autres responsabilités politiques ? Pas pour le moment. « Le maire (PS) de Tourcoing m'a proposé de devenir le représentant des jeunes de la ville. Mais je ne me sens pas prêt."

Anne Fauquembergue

François Delaleau, responsable de l'Unef à l'université de Lille-III : « Il est parfois trop sûr de lui. Il ne doit pas hésiter à écouter les conseils des syndicalistes étudiants et professionnels. » Tristan Rouquier, président du syndicat lycéen Fidl : « Il n'est pas militant depuis longtemps, mais il a déjà fait beaucoup pour le comité de Lille. Il participe à la réussite nationale du mouvement anti-CPE. » Antonino Verde, son père : « En tant qu'ouvrier, je comprends son combat contre la précarité. Je lui ai dit de privilégier les débats aux manifs. J'espère qu'il aura son bac. »