Procès d'Outreau : un dessin accusateur

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Pièce à conviction. Le dessin d'un enfant partie civile dans le procès pour des viols sur mineurs à Outreau et au Portel, de ses parents, de sa grand-mère et de ses quatre oncles et tantes, a semé le trouble hier devant la cour d'assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer.

En février 2001, Boris, huit ans à l'époque, avait dessiné un enfant rouge et un animal noir à trois pattes au corps oblong, qui lui lèche le bas du ventre. Il avait écrit au-dessus : « Ça petit lou aime pas ça. Ces interdis. » Puis avec un autre crayon, quelques jours plus tard : « Tonton Silvein », désignant l'un des accusés, Sylvain D. Boris venait de lire « Gros loup et petit ours », une fable incitant les enfants à ne pas garder le secret sur les atteintes dont ils ont pu être victimes. C'est ce dessin qui a lancé l'affaire et provoqué chez la soeur, le frère et les cousins de Boris de nombreuses accusations. Boris a fait ce dessin après que son assistante maternelle l'eut poussé à dire les causes de son mal-être, révélé par un comportement très violent et très sexualisé.

Interrogés hier matin à propos de Boris, les accusés ont répété leurs dénégations, comme depuis le début du procès.