Séjour au cœur du réacteur

Gilles Durand

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Maîtriser l'irradiation et la contamination du personnel est un défi quotidien que livre la centrale.La machine de serrage et de desserrage des goujons en action, avant l'opération de contrôle de la cuve du réacteur.
Maîtriser l'irradiation et la contamination du personnel est un défi quotidien que livre la centrale.La machine de serrage et de desserrage des goujons en action, avant l'opération de contrôle de la cuve du réacteur. — M.Libert / 20 Minutes

Les centrales nucléaires ont encore des progrès à faire. C'est ce que révèlent les inspections de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) menées depuis juin et dont les rapports ont été dévoilés hier par Le Journal du Dimanche. D'après l'hebdomadaire, Gravelines fait partie des centrales où le risque sismique est encore sous-évalué. « Une perte de l'alimentation en eau brute sur l'ensemble des voies ne peut être écartée », écrit l'ASN. La direction de la centrale de Gravelines se montrait pourtant confiante, vendredi, lors d'une visite organisée pour les médias au cœur du réacteur. « Il y aura peut-être de nouvelles exigences de sécurité d'ici à la fin de l'année », expliquait le directeur Jean-Michel Quilichini.

Trois mois de contrôles
Depuis le 29 juillet, la première des six unités de production est en révision complète, donc à l'arrêt. « Tous les dix ans, on procède à un check-up complet, et on en profite pour renforcer le dispositif de sécurité par rapport au retour d'expérience, explique le directeur. C'est un peu comme si on durcissait le code de la route. » Lundi dernier a eu l'épreuve hydraulique. Aujourd'hui commence le contrôle de la cuve du réacteur, avant une dernière épreuve d'étanchéité. Tous ces tests doivent se terminer avant la fin octobre. L'ASN déterminera ensuite si l'unité de production reste opérationnelle.
C'est dans ce dôme, où l'énergie nucléaire se crée, que nous avons pu pénétrer, non sans une multiplication des protections et des contrôles. « Même sans combustible, la cuve du réacteur reste radioactive », prévient un technicien. D'autant que la piscine qui, en période d'exploitation, noie cette cuve pour stopper la radioactivité, n'était pas remplie le jour de la visite. Dosimètre en poche et en pleine chaleur, l'expédition d'une demi-heure, jalonnée d'appels au micro incessants, n'a contaminé au cobalt qu'une chaussure et concentré une dose de 0,0003 millisivert au visiteur le plus exposé. « La limite annuelle est fixée à 20 millisiverts, soit l'équivalent d'un scanner, rassure Jean-Michel Quilichini. Vous êtes davantage irradiés dans une maison en granit ».