Lille-III pionnière de la contestation

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Cette fois-ci, c'est Lille-III qui invite. L'université de lettres et de sciences humaines, bloquée depuis près de six semaines, a accueilli samedi et dimanche les coordinations nationales lycéenne et étudiante. Plus de 500 représentants de près de 150 établissements ont convergé à Villeneuve-d'Ascq pour s'entendre sur les suites du mouvement de protestation. Déjà pionnière de la contestation en région, Lille-III s'inscrit après Rennes, Poitiers, Dijon, Toulouse, Jussieu et Aix-en-Provence parmi les établissements les plus mobilisés en France. « Autrefois Lille-I était plus politisée, note Michel Maillard, maître de conférence en anglais, responsable syndical local au Snesup, mais depuis dix ans Lille-III est devenue plus turbulente. »

La situation est complètement inédite sur le campus. Le 8 mars, le blocage était voté à 870 voix contre 797, avant de se radicaliser les jours suivants : 2 000 étudiants l'ont plébiscité, contre un millier s'y opposant. Depuis, « on ne vote plus sur cette question, mais seulement sur les actions à mener », explique Ludivine, étudiante. Une situation rendue pérenne grâce à une organisation sophistiquée. « Quand on a commencé à être nombreux, on a formé des commissions », explique Paul, étudiant en filmologie. Ainsi des groupes cuisine, logistique ou encore juridique, qui fait appel à un avocat pour suivre gardes à vue et comparutions, se sont constitués. Malgré la fatigue, les examens à venir, l'approche des vacances, les étudiants veulent tenir. « Les élèves en sciences humaines se sentent plus menacés face au marché du travail, explique Michel Maillard. Les débouchés vers l'emploi sont problématiques. » Caroline Béhague

Une nouvelle manif est prévue demain à l'appel des syndicats de salariés et des mouvements étudiants.