Un Guide pour rassurer sur les antennes-relais

Gilles Durand

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Apaiser les débats sur les antennes-relais. Voilà l'objectif que s'est fixé l'office public d'habitat LMH en publiant récemment un guide à destination des locataires concernés par de futures implantations. Une première en France qui ne rassure guère l'association Priartem*. « Ce guide a le mérite de communiquer sur le sujet, mais l'information est édulcorée : on voudrait nous faire croire que le téléphone portable est plus nocif qu'une antenne-relais », dénonce sa déléguée régionale, Isabelle Cari.

Concertation obligatoire ?
L'initiative donne, en tout cas, des idées à Vilogia, un autre bailleur social. Les antennes relais seront le thème de sa prochaine réunion de concertation, fin septembre. « Nous sommes régulièrement interpellés sur ce sujet par nos locataires, mais nous n'avons, pour l'instant, aucun projet d'implantations nouvelles », annonce la direction. Ces opérations de transparence sont nécessaires pour l'association de locataires CLCV qui siège aux comités de concertation de ces deux bailleurs. « Les démarches, lancées depuis trois ans, visent à contraindre les bailleurs à ce que plus une seule implantation ne se fasse sans concertation », explique Joël Parmentier, de la CLCV. D'autant qu'avec l'arrivée de l'opérateur Free sur le marché national de la téléphonie mobile, « une avalanche de dossiers d'implantations arrive dans les communes depuis trois mois ». En juin, la CLCV a eu gain de cause sur un projet de Free avec Vilogia. « L'antenne a été réorientée car elle était dirigée vers une école », raconte Joël Parmentier qui se plaint, néanmoins, du manque d'informations fournies par les opérateurs de téléphonie mobile. « En sept ans, les bailleurs n'ont jamais reçu un dossier complet sur les projets d'installation », accuse-t-il. Contactée, la Fédération française des télécoms, qui regroupe les opérateurs, n'a pas donné suite.

Wattrelos

L'installation d'antennes-relais reste un sujet qui fâche. Dernier exemple à Wattrelos, où la municipalité a pris, en juin, un arrêté interdisant toute nouvelle implantation, au nom du principe de précaution. Or, en août, la préfecture a brandi l'intérêt public pour demander l'annulation de cet arrêté : « La couverture du territoire est un enjeu majeur de la politique d'aménagement. » Le tribunal administratif doit jouer les arbitres.