« Ce procès n'était pas si simple qu'on veut le faire croire »

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La magistrature n'a toujours pas digéré l'affaire Outreau. « Les refus de filmer au tribunal de Boulogne et de Saint-Omer sont des signaux que les magistrats nordistes m'ont envoyés », estime le réalisateur Vincent Garenq. La rancune n'est sans doute pas aussi grande, mais le pouvoir judiciaire préfère garder le silence sur le sujet. « Qu'est-ce qu'on peut dire face à l'émotion que va susciter ce film ? », glisse une magistrate qui a participé à l'instuction de cette affaire à Douai. A l'époque, ils étaient cinq à se pencher sur le dossier. « Après coup, il est facile de dire que nous nous sommes trompés en incarcérant certaines personnes, mais qu'aurait-on dit dans les médias si on les avait laissé en liberté à l'époque, souligne-t-elle. Il existait dans le dossier des faisceaux d'indices graves et concordants qui ont, depuis, été balayés par l'acquittement ». Aujourd'hui, acquittement oblige, elle se refuse à revenir sur des détails. Selon elle, « ce procès n'était pas si simple qu'on veut le faire croire ».G. D.