Le cortège anti-CPE en tête-à-queue

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Vingt-cinq mille selon la police. Quatre-vingt mille selon les manifestants. La tête du cortège lillois contre le CPE a rejoint la queue, hier en fin d'après-midi à Lille. Une première. C'est par solidarité que les salariés ont rejoint les jeunes mobilisés. Comme Michel, qui avait pris un congé pour manifester aux côtés de sa fille, étudiante en allemand à l'université de Lille-III : « Les jeunes ont besoin des adultes pour se faire entendre, remarque-t-il. Je suis venu en renfort. » Pour Thomas, étudiant à l'université de Lille-I, « même s'ils ne sont pas concernés, ça fait plaisir de voir les salariés derrière nous ». L'étudiant défile avec ses professeurs. Jean-Pierre enseigne l'informatique à Lille-I et assure la sécurité du cortège pour le syndicat Snes-FSU. « Nous avons conscience du bien-fondé des revendications des jeunes, explique-t-il. On ne peut pas détruire le Code du travail comme ça, il y a 120 ans d'histoire derrière. »

L'histoire, les retraités présents dans la manifestation la connaissent bien. Madeleine a 69 ans et défile pour ses enfants et petits-enfants : « C'est un beau cortège. Les jeunes sont contents, ça se voit. » De son côté, Lauren, jeune salariée de 25 ans, regrette la rareté de ces moments de solidarité entre les générations : « Il faut attendre des événements comme le CPE pour que tout le monde se soude. » Certains étudiants craignent aussi que la présence des syndicats n'efface le mouvement lycéen et étudiant. « Il faut améliorer la communication pour éviter que ça se produise », estime Noémie, étudiante en sciences politiques à l'université de Lille-II.

Anne Fauquembergue

Le mot d'ordre de grève a été suivi chez Transpole où seuls les bus ne circulaient pas. Du côté de la SNCF, 60 % des TER et 70 % des TGV circulaient. L'A 16 a aussi été coupée à la circulation par des manifestants.