Des élections tendues au Crous

©2006 20 minutes

— 

Le climat électoral n'est pas des plus sereins au Crous. Alors que les élections des représentants étudiants se tiennent aujourd'hui, plusieurs organisations dont l'Unef – principale liste sortante avec quatre élus sur sept –, ont appelé au boycott du scrutin. Motif invoqué : les occupations d'universités anti-CPE empêchent la tenue d'élections équitables. « Les résultats seront biaisés : les étudiants des universités bloquées auront plus de mal à voter que les autres », explique Davy Casteel, responsable de l'Unef de Lille.

De fait, le maintien in extremis des élections fait s'inviter inopinément le CPE dans la campagne. « Or le Crous s'occupe du quotidien de l'étudiant, pas de son insertion professionnelle », rappelait hier Waldi Psonka, le directeur du Crous. Et en effet, les sept élus étudiants au conseil d'administration (sur vingt-quatre au total) ne seront appelés, pendant les deux prochaines années, à se prononcer que sur la gestion financière du Crous, sur les programmes de travaux dans les restaurants et résidences universitaires, etc.

Les différentes listes se rejettent donc la responsabilité de l'irruption du CPE dans la campagne : « L'Unef tente de faire du chantage avec les élections », a ainsi dénoncé l'Uni, alors que l'Unef estime que « le gouvernement a tendu un piège en appelant à lever les blocages pour aller voter. » Résultat : le taux de participation pourrait descendre en dessous des 6,5 % enregistrés il y a deux ans. Dommage : pour la première fois, aux 47 bureaux de vote dans les universités s'ajoutaient cette année les 115 lycées de la région qui proposent une formation après le bac. Et surtout, l'Unef et le mouvement Fac Verte menacent de déposer un recours au tribunal administratif après la proclamation des résultats, vendredi. « Ce qui est sûr, commente Waldi Psonka, c'est que nous dresserons des constats de carence à chaque fois qu'on ne pourra pas voter. Et nous ferons le bilan en fin de semaine. »

Olivier Aballain