Évasion musicale à Sequedin

Gilles Durand

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La moitié des 90 détenues de Sequedin ont profité d'un concert de l'ONL.
La moitié des 90 détenues de Sequedin ont profité d'un concert de l'ONL. — M.Libert / 20 Minutes

La joie venait toujours après la peine. Les détenus de Sequedin ont pu méditer, hier après-midi, ce vers d'Apollinaire en assistant au concert annuel de l'orchestre national de Lille (ONL), dirigé par Jean-Claude Casadesus. « On va tous s'évader », lance même le chef d'orchestre, en prélude aux deux morceaux de Liszt et Beethoven, interprétés devant un parterre d'une quarantaine de femmes. Un premier concert avait été offert aux hommes.

Transformer la vie
Une heure de détente musicale, appréciée diversement. Si certaines se sont un peu assoupies, d'autres affichent leur plaisir. « Je ne connaissais pas du tout l'ONL et la musique classique, mais c'était super-agréable. J'y retournerai quand je serai dehors », lâche une détenue. Et c'est par une standing ovation que ce concert un peu particulier s'est conclu. « Mon premier concert a transformé ma vie, explique Jean-Claude Casadesus. Si ça peut transformer aussi la vie d'un seul spectateur, j'en serai heureux. »
Une autre détenue regrette d'ailleurs que le centre de Sequedin ne programme pas plus souvent des spectacles. « Quand on travaille toute la semaine, ça détend », avoue-t-elle. « Tout dépend du budget dont on dispose », note Michael Merci, directeur adjoint de Loos. « Nous avons aussi du mal à trouver des groupes disponibles, souligne Pierre-Jean Delhomme, directeur général des prisons de Lille. Car nous tenons à une certaine qualité ».

Quinze ans de prison

Henri Bour est basson à l'ONL. Avec l'orchestre, il participait hier à son quinzième concert en prison. « Les conditions matérielles sont meilleures à Sequedin qu'à Loos, raconte-t-il. Mais l'attention des prisonniers reste la même. Quand on joue, on sent toujours quelque chose de gratifiant. C'est une belle expérience de musicien. »