Lille attire les Rapaces

Gilles DurandPhotos : Mikaël Libert et Thierry Tancrez

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Les pèlerins se plaisent à Lille et trouvent facilement de quoi se nourrir avec les pigeons qui pullulent. Une belle tête de vainqueur pour ces jeunes faucons à peine débarrassés de leur duvet natal.
Les pèlerins se plaisent à Lille et trouvent facilement de quoi se nourrir avec les pigeons qui pullulent. Une belle tête de vainqueur pour ces jeunes faucons à peine débarrassés de leur duvet natal. —

Mieux que le doublé du Losc. C'est un triplé qu'un couple de faucon pèlerin a réalisé le mois dernier à Lille. Entre le 5 et le 7 mai, trois bébés à plumes ont vu le jour à la Cité administrative. Une première dans le Nord et un événement rarissime. La cathédrale d'Albi et celle de Bruxelles abritent déjà un couple de pèlerin. Les tours de Manhattan à New York également.

Trouver sa nourriture favorite : le pigeon
Le groupe ornithologique du Nord (GON) a préféré taire la nouvelle jusqu'à ce que les petits soient quasiment en capacité de voler. « Le faucon est un oiseau qui n'aime pas être dérangé, explique Alain Berton, du GON. Ce couple a dû s'installer sur Lille il y a deux ans. il avait déjà tenté une nichée l'an dernier sur le toit d'Euralille, mais des travaux avaient fait échouer la reproduction ». Un nichoir a également été installé dans le clocher de l'église du Sacré-cœur, « mais des visiteurs sont venus importuner les faucons », souligne Thierry Tancrez, du GON. Cette fois, c'est un nid utilisé depuis vingt ans par des faucons crécerelles qui a été squatté avec succès par le pèlerin.
Pour les amoureux des oiseaux, cette reproduction est une aubaine. « Nous espérons que l'espèce va s'installer durablement, note André Berton. Au Moyen-Âge, ce rapace était commun en ville, mais dans les années 50, il a failli disparaître ». S'il est de retour en ville, c'est pour trouver sa nourriture favorite : le pigeon. Au grand dam des colombophiles qui voient en lui un ennemi majeur. « Pourtant, ils n'ont pas grand-chose à craindre, assure Thierry Tancrez. Le pèlerin est fainéant et s'attaque principalement aux oiseaux en mauvaise santé ». Actuellement, pour nourrir les jeunes, le régime est de six pigeons par jour. Des jeunes qui ne vont pas tarder à prendre leur envol. « Autour du 15 juin », estime Thierry Tancrez. En attendant, ils apprennent à battre des ailes sur le rebord de la fenêtre. Ensuite, il leur faudra trouver un autre territoire. Lille est trop petit pour cinq pèlerins.