Pas de panique sur la ville

Gilles Durand

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Si tu sors, t'es mort ! La ville de Loos-lez-Lille est restée, hier matin, pendant une heure sous la menace d'une catastrophe industrielle. Fort heureusement, il s'agissait d'un simple exercice programmé de longue date. La chute d'une grue sur une canalisation transportant du chlore dans l'usine Produits chimiques de Loos, les trois blessés transportés au CHR de Lille et le déploiement des secours faisaient office de scénario de fiction.

Tester la réactivité des secours
Peu avant 10 h, au coup de sirène annonçant l'incident, les habitants situés dans un périmètre de 800 m autour de l'usine étaient invités à rester confinés chez eux. Une école devait même jouer le jeu jusqu'au bout en gardant les élèves à l'heure du midi. « Le chlore est un gaz toxique qui peut attaquer les voies respiratoires », précise la direction de l'environnement qui participait à ces grandes manœuvres. En un quart d'heure, l'autoroute A 25 était bloquée. Même délai pour confiner le centre hospitalier de Loos.
« L'objectif de cette opération est d'actualiser le plan particulier d'intervention d'une entreprise classée Seveso seuil haut et de tester la réactivité des services de secours », souligne la préfecture. Dans cette usine, la précédente simulation d'incident avait eu lieu en 2006, alors que la loi prévoit un délai de trois ans entre chaque exercice. « Il est difficile d'organiser régulièrement des opérations de grande envergure, mais nous tenons à jour les modalités d'intervention d'urgence », relativise la préfecture. L'arrondissement de Lille compte en effet trois autres entreprises jugées dangereuses : la fabrique d'explosif Nobel à Ostricourt, les laboratoires Anios à Hellemmes et l'usine chimique Quaron à Haubourdin. De quoi rester en alerte.