« Les immigrés contribuent positivement au budget »

Recueilli par Gilles Durand

— 

M.Libert / 20 Minutes

Avec quatre enseignants chercheurs, Xavier Chojnicki, économiste à l'université Lille-II et au Cepii, a travaillé pendant trois ans sur l'incidence budgétaire de l'immigration légale en France.

Quels sont les résultats ?
On peut considérer l'incidence de l'immigration comme relativement neutre pour l'économie française. Par exemple, pour 2005, leur contribution au budget de l'Etat est positive et de l'ordre de 3,9 milliards. C'est faible par rapport aux 2 000 milliards d'euros du PIB, alors que les immigrés représentent 8 % de la population. Mais ce résultat ne nous a pas surpris. On obtient les mêmes conclusions dans d'autres pays.

Pourquoi a-t-on l'impression que l'immigration représente un coût ?
Les immigrés sont surreprésentés s'agissant de certains risques sociaux. Ils sont plus nombreux à recevoir le RMI, les allocations logement et familiales, car ils sont plus jeunes, moins qualifiés et ont davantage d'enfants. En revanche, ils sont sous-représentés dans les branches retraite et santé qui représentent les trois quarts de nos dépenses sociales. Par ailleurs, on oublie souvent qu'ils participent aux finances publiques, par exemple au travers de leur forte contribution à la consommation.
Quelles conséquences aurait

une limitation de l'immigration ?
On peut se poser la question. Sur le long terme, l'immigration a un aspect légèrement positif avec l'apport perpétuel d'individus actifs. En son absence, le besoin de financement de la protection sociale à l'horizon 2100 pourrait augmenter de deux points de PIB pour passer de 3 à 5 points.

Manifestation

Plusieurs associations, dont La Ligue des Droits de l'homme et le Collectif des sans-papiers organisent demain, à 14 h, une manifestation régionale place de la République, à Lille, contre la politique d'immigration du gouvernement.