nouveau mode d'emploi pour les jeunes lillois

Olivier Aballain
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loire au « circuit court » de recrutement. Nahim, Lillois de 24 ans, est diplômé de BTS, spécialiste de l'éco-construction. Chercheur d'emploi, il a envoyé plusieurs CV à l'entreprise de BTP Rabot-Dutilleul sans décrocher un seul entretien. Depuis une semaine, tout a changé : déjà reçu deux fois par les ressources humaines de la boîte, il prépare un ultime entretien avant embauche. « Il peut être confiant », glisse Pierre de Saintignon, premier adjoint à la mairie de Lille. C'est la muncipalité qui est à l'origine de ce revirement. En scellant un accord sur l'emploi des jeunes avec 27 entreprises lilloises, la ville compte servir d'entremetteuse à 2 000 jeunes en deux ans. « Cela me meurtrit de voir ces jeunes cassés alors qu'ils ont tant à offrir », résume Martine Aubry, la maire (PS) de Lille.

« Je n'y croyais pas »
Pour y remédier, la maison de l'emploi a désigné des conseillers, correspondants directs des 27 entreprises « chefs de file » dans leur domaine d'activité : Paul pour la boulangerie, Galeries Lafayette pour les grandes enseignes, Auchan pour la grande distribution, Dutilleul pour le BTP, AG2R La Mondiale pour les services... « Avoir un interlocuteur direct nous permet d'accepter des CV qui ne sont pas parfaits, mais cachent des profils en réalité très intéressants », concède Jean-Pierre Haemmerlein, DRH du groupe Oxylane/Decathlon. Lequel a ainsi embauché Axelle en CDD à mi-temps pour lui laisser le temps de passer un brevet d'animatrice en équitation : « Je n'y croyais pas », assure la jeune Lilloise. « L'existence d'un binôme entre l'entreprise et la maison de l'emploi est essentielle », explique Vianney Mulliez, le grand patron d'Auchan. « Avec certains jeunes, les connexions étaient grippées ». « L'idée c'est que les jeunes aient de l'espoir, ne se disent pas que ces emplois ne sont pas pour eux », confirme Majda, elle aussi chercheuse d'emploi à Lille-Sud. Fin avril, 120 solutions (formation ou emploi) avaient déjà été trouvées.

Hôtellerie-Restauration

C'est l'un des secteurs qui donne le plus facilement sa chance à des jeunes sans formation : l'hôtellerie-restauration enfonce le clou cette année avec un nouveau dispositif à destination des « décrocheurs » de l'université. Piloté par le chef Clément-Marot, il offrira à la rentrée 14 contrats de formation en cuisine et 14 autres au service en salle à des étudiants sortis sans diplôme des universités lilloises. Contact : 03 20 54 35 64.