Basculement politique, mode d'emploi

Gilles Durand

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Joëlle Cottenye (Nouveau Centre) dans le Nord et Bertrand Alexandre (MRC) dans le Pas-de-Calais ont conquis un canton adverse.
Joëlle Cottenye (Nouveau Centre) dans le Nord et Bertrand Alexandre (MRC) dans le Pas-de-Calais ont conquis un canton adverse. — M.Libert / 20 Minutes

L'ère du changement ou l'art de la bascule. Dimanche, lors du second tour des cantonales, dix des soixante-dix-huit cantons concernés par l'élection dans le Nord et le Pas-de-Calais ont changé de couleur politique. Existe-t-il une méthode pour déloger le candidat ou le parti sortant ? « Aucune, répond Joëlle Cottenye, vainqueur, à Lannoy d'une vice-présidente socialiste du conseil général. L'élection se gagne sur le terrain en discutant avec les gens ». La nouvelle élue Nouveau Centre affirme avoir beaucoup écouté, « pour comprendre et transformer les interrogations en solutions ».
Même analyse de Bertrand Alexandre, du Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Jean-Pierre Chevènement, qui l'a emporté dans le canton de Vimy, dans le Pas-de-Calais, un fief aux mains de la droite depuis une trentaine d'années. « J'étais déjà candidat en 98 où j'avais obtenu seulement 13,5 %, explique Bertrand Alexandre. Dans ce genre d'élection de proximité, il faut gagner, au fil du temps, une notoriété locale. »

Problèmes concrets du quotidien
Car, selon eux, la différence dans les urnes se fait en se penchant concrètement sur les problèmes du quotidien. « Les bouchons le matin, les trous dans la route ou les problèmes de crèche font partie des compétences du conseil général, c'est normal d'en discuter avec les gens pendant la campagne, note Joëlle Cottenye. Il ne faut pas s'égarer sur des considérations nationales et brandir une politique de parti ».
Constat partagé par Bertrand Alexandre. « L'antisarkozysme et la condamnation du Front national ne paient pas dans ce genre d'élection », assure ce chef d'entreprise de 41 ans qui pense que l'attente d'un renouveau a pu aussi jouer. « J'ai senti un besoin d'élus plus jeunes, raconte-t-il. Les électeurs ont parfois l'impression que les élus évoluent dans un monde parallèle ».