Gravelines et le drame japonais

Olivier Aballain

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Le réacteur n°1 de Gravelines a fêté ses 31 ans d'activité le 13 mars dernier.
Le réacteur n°1 de Gravelines a fêté ses 31 ans d'activité le 13 mars dernier. — M. LibERT / 20 Minutes

La relance du débat sur le nucléaire en France n'épargne pas Gravelines, qui héberge la plus grande centrale d'Europe. Le réseau Sortir du nucléaire a cité les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nordiste parmi ceux qu'elle aimerait voir s'arrêter après trente ans d'activité. 20 Minutes fait le point.

Gravelines est-elle vétuste ? Le réacteur n°1 a injecté le 13 mars 1980 son 1er watt dans le réseau électrique. Un check-up complet est prévu cet été pour prolonger l'activité de dix ans. Le directeur actuel, Jean-Michel Quilichini, rappelle que « c'est l'autorité de sûreté nucléaire qui déterminera si le niveau de sécurité est suffisant pour continuer à produire ». « Sauf que certains éléments, comme la cuve qui entoure le réacteur, vieillissent et ne peuvent pas être changés », critique Jean-Marie Brom, du réseau Sortir du nucléaire.
Un séisme est-il envisageable ? Le risque sismique dans la région est considéré comme « faible » selon un décret publié en octobre. La plus grande secousse répertoriée date de 1580, avec une magnitude évaluée à 5,8 au large de Douvres... « Les installations sont conçues pour résister à 6,5 », rappelle Jean-Michel Quilichini. « Nous sommes plus inquiets pour les dommages causés par l'eau de mer », insiste Dominique Plancke, élu Vert. Selon le directeur de la centrale, les installations sont conçues pour résister à une mer dépassant de 40 % la plus grande marée.

Gravelines est-elle moins vulnérable que Fukushima ? La centrale nordiste, en plus des systèmes classiques de refroidissement du cœur, dispose d'un refroidissement par « thermosyphon », qui fonctionne encore même si l'électricité est coupée. « Mais le risque zéro n'existe pas », rappelle son directeur.