Les jeunes profs perdants à la carte scolaire

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L’annonce par les syndicats, la semaine dernière, de la suppression de 636 postes d’enseignants dans l’académie à la rentrée 2006 angoisse les jeunes profs titulaires. Car c’est la règle : les derniers enseignants arrivés dans les établissements sont les premiers à partir quand le budget baisse. Depuis cinq ans, Candice* en fait la douloureuse expérience. Jeune professeure de français dans un collège de la métropole, elle sait que son poste est sur la sellette à chaque carte scolaire. « La première fois qu’on m’a annoncé que mon poste allait sauter, j’ai eu l’impression de recevoir un coup de poignard. C’est difficile de se dire que même si je m’implique dans la vie du collège, je ferai les frais des contraintes budgétaires. » Comme Candice, ils sont des dizaines d’enseignants inquiets à appeler leur syndicat depuis la semaine dernière. « Les collèges en REP (réseau d’éducation prioritaire) de la métropole ne devraient pas être touchés par les suppressions de postes, estime Michel Devred, délégué syndical au Snes. Mais de nombreux établissements devraient sortir du dispositif REP et voir leur effectif augmenter. Ainsi, on ne répondra pas au défi de l’éducation prioritaire. » Cette semaine, le rectorat annoncera le budget qui lui sera alloué par le ministère. Candice devra attendre quelques semaines de plus pour savoir si elle conservera son poste ou si elle viendra grossir les rangs des profs remplaçants. Yves Asernal *Le prénom a été modifié.

créations 113 postes devraient être créés dans un tiers des établissements de l’académie aujourd’hui en ZEP, reclassés dans le disposif « ambition réussite ».