Le nucléaire essaie la transparence

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Perte de deux sources radioactives, montée en puissance du réacteur trop rapide... L’an dernier, la centrale nucléaire de Gravelines, la plus puissante de France, a enregistré 42 incidents contre 47 en 2004. Et pourtant : « La population a l’impression qu’il y en a davantage mais c’est la communication qui a été plus importante », explique t-on à la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire). Tous les quinze jours, la centrale relate au niveau local (presse, pharmacies...) les événements qui ont eu lieu. Une communication jugée aléatoire par les Verts : « Les informations parviennent parfois plusieurs jours après et ce sont les associations qui informent la population de ce qui se passe », réagit Paulo-Serge Lopes. Le militant écologiste s’inquiète aussi du vieillissement de la centrale, dont le premier réacteur a été mis en service en 1980. « Les incidents risquent de se multiplier et d’être plus graves à l’avenir. » Ce à quoi on répond à la centrale : « Une vérification des réacteurs est effectuée chaque année. » La dernière remonte à septembre et a donné lieu à dix observations de l’Agence de sûreté nucléaire (ASN). Quoiqu’il en soit, pour celle-ci, il faut améliorer en permanence la sécurité. D’autant que les éventuelles conséquences de la privatisation d’EDF – une réduction d’agents en charge de la maintenance – seraient la cible des militants anti-nucléaires. « Les contrôles seront plus soutenus pour voir si EDF fait de la sûreté sa priorité », assure l’ASN. Fanny Bertrand

échelle Les événements ayant un impact sur la sûreté des installations nucléaires sont classés de 0 à 7 suivant leur importance (0 pour les événements anodins). De 1 à 3 on parle d’incidents, au-delà ce sont des accidents.