Des règlements déjà peu appliqués

Gilles Durand
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Embouteillages de panneaux publicitaires à certaines entrées de Lille.
Embouteillages de panneaux publicitaires à certaines entrées de Lille. — M.Libert / 20 Minutes

Ça l'affiche mal. Alors que se termine aujourd'hui la consultation publique du projet de décret sur l'affichage publicitaire, le collectif lillois des Déboulonneurs, qui lutte pour la réduction de la publicité dans l'espace public, expose une désolante statistique : un tiers des 700 panneaux publicitaires installés sur la commune de Lille ne respectent pas le règlement local de publicité voté en 2007. « Moins d'un panneau illégal sur cinq a effectivement été retiré », se désole Marion, membre des Déboulonneurs qui évoque les environs du palais Rihour. « Dix panneaux muraux sont dans une zone légalement protégée », note-t-elle.

Faire traîner les procédures
Les afficheurs jouent la montre. Leur syndicat, l'UPE, a attaqué la légitimité du règlement lillois au tribunal administratif. Il a perdu en première instance, mais a fait appel. Plutôt que d'avoir, en cas de défaite, à rembourser le manque à gagner des « fils de pub », la mairie de Lille préfère attendre la décision judiciaire finale. « Le cas est identique à Paris, explique Nicolas, Déboulonneur parisien. Les afficheurs font traîner les procédures pour gagner trois ou quatre ans de chiffre d'affaires ». Et le décret en préparation ne devrait pas y changer grand-chose (lire ci-dessous). Pour Nicolas, « le gros point noir de ce décret reste de savoir comment on fait respecter la loi ».