L'hospitalisation d'office mise en cause dans le Nord

Gilles Durand
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L'hospitalisation d'office en milieu fermé est dénoncée à Sequedin par une association  d'aide aux prisonniers.
L'hospitalisation d'office en milieu fermé est dénoncée à Sequedin par une association d'aide aux prisonniers. — M.Libert / 20 Minutes

On appelle ça l'hospitalisation d'office en milieu fermé. Une association de défense des détenus, Robin des lois, remet en cause cette pratique, notamment pour la prison de Loos-Sequedin. Son président, François Korber, a pris fait et cause pour le cas d'un prisonnier envoyé le 23 décembre à l'unité de malades difficiles (UMD) de Sarreguemines.

Plainte pour « discrimination »
« Ce détenu n'est pas fou et n'a rien à faire là-bas, insiste-t-il. On lui reproche des menaces proférées envers un surveillant, ce qui vaut comme sanction un séjour à l'isolement ». L'association, soutenue par l'observatoire international des prisons (OIP), dénonce aussi les conditions de son transfert, « sans sa notification de transfert pourtant obligatoire, ni son paquetage ». « Il n'a pu emporter aucun vêtement personnel », affirme sa femme, bien décidée à porter plainte pour « discrimination et suppression de correspondances ».
Mais la critique ne s'arrête pas au cas de ce détenu. « En deux ans, la direction pénitentiaire de Sequedin a envoyé six détenus en UMD, c'est beaucoup », s'inquiète François Korber. En 2009, un rapport de la direction départementale des administrations sanitaires et sociales (DDASS) évoquait l'augmentation importante des hospitalisations d'office. Elles ont triplé en quinze ans. Dans le Nord, six demandes d'hospitalisation d'office se sont même directement traduites par un envoi en UMD. « L'explication vient sans doute de la pénurie de psychiatres à l'hôpital », regrette l'OIP. Contactée, la direction interrégionale des services pénitentiaires n'a pas donné suite.