La sécurité des berges en cause

Gilles Durand

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Des ballons et des fleurs ont été jetés là où les corps ont été retrouvés.
Des ballons et des fleurs ont été jetés là où les corps ont été retrouvés. — M.Libert / 20 Minutes

Sécuriser les berges de la Deûle. L'idée, lancée il y cinq jours dans une pétition, a pris une nouvelle résonance hier, lors de la marche d'une heure, organisée en hommage aux trois noyés, retrouvés dans la Deûle ces derniers mois. Environ six cent cinquante personnes, proches ou anonymes, ont défilé à travers le Vieux-Lille avant de se recueillir au pont du Petit Paradis où les corps de Thomas Ducroo et Jean-Mériadec Le Tarnec ont été retrouvés les 23 et 25 février. Celui du troisième jeune homme, John Ani, avait été retiré de la Deûle au niveau du jardin Vauban en octobre.

« Impossible de remonter »
« Ces berges sont trop hautes donc dangereuses. Si on tombe, impossible de remonter », martèle Baptiste Buissard, camarade de promo de Jean-Mériadec Le Tarnec et à l'initiative d'une pétition sur internet pour aménager la Deûle. Hier soir, elle avait recueilli un peu moins de 1 400 signatures. Une pétition qui fait sortir de ses gonds Roger Vicot, adjoint (PS) chargé de la sécurité à la mairie : « Je trouve scandaleux d'évoquer dans cette pétition le fait que la mairie soit en plein préparatifs électoraux. Nous n'avons pas la compétence pour sécuriser les berges ». Les Voies navigables de France, propriétaires des canaux, doivent se réunir cette semaine pour étudier des solutions comme l'installation de bouées ou d'échelles. Pour Marc Bodiot, président (PS) du conseil de quartier du Vieux-Lille, il faut « avant tout continuer à sécuriser les soirées festives dans ce quartier ». « Il n'y a pas de solution miracle », reconnaît de son côté Marc-Philippe Daubresse, député-maire (UMP) de Lambersart. Le phénomène n'a rien de nouveau. En février 2009, deux personnes s'étaient déjà noyées le même week-end à Lille.