l'urgence contre le social

Gilles Durand

— 

A social, social et demi. Le projet de halte de nuit pour les sans domicile fixe (voir encadré), dans l'ancien collège Saint-Michel de Lille, se heurte toujours à l'hostilité d'un collectif de riverains. Pourtant, dans les prochaines semaines, ce sera bien une halte de nuit, gérée par l'Abej*, qui verra le jour, rue de Fleurus. « Le bail est signé depuis le début de l'année, l'ouverture du lieu se fera avant l'été, annonce Patrick Pailleux, directeur de l'Abej, qui promet d'organiser des réunions avec les parents d'élèves pour « éviter qu'il y ait des répercussions sur le quartier ». Car la cohabitation entre les SDF et les enfants des trois écoles voisines inquiète l'association de riverains. « Certains SDF possèdent des chiens, on craint les morsures », lance Sabrina Michel, présidente de cette toute nouvelle association des Amis du quartier Saint-Michel et alentours. « Les jeunes avec des chiens ne sont pas le public habituel des haltes de nuit », rassure Patrick Pailleux. Quant au projet de halte de jour, évoqué un temps, « il n'est plus à l'ordre du jour », souligne Patrick Pailleux.

Pas de cantine scolaire
« Nous aurions préféré l'installation d'une cantine scolaire et de salles de sports, comme l'avait prévu la mairie », plaide la présidente des riverains en colère. De son côté, la mairie de Lille avait fait savoir, début novembre, à la préfecture, son intention d'acquérir cet ancien collège catholique, mais pour y construire des logements sociaux. Bref, le lieu était très convoité. La décision a finalement été prise en octobre : le conseil paroissial du quartier décidait alors de ne plus vendre ce bâtiment, privant, de fait, la mairie de son droit de préemption. « Nous avions une solution de rechange, explique Marc Leman, président de l'association foncière de Lille et banlieue, propriétaire du lieu. A l'époque, la préfecture et l'Abej nous avaient déjà annoncé leur souhait de louer ce lieu. »

halte de nuit

Le fonctionnement de la halte de nuit sera financé par la préfecture à hauteur de 800 000 € par an. La ville de Lille s'oppose à ce projet, estimant en faire déjà beaucoup pour le logement d'urgence. Dans un courrier à la préfecture, la mairie regrette que « l'État ne concentre pas ses efforts sur les communes de la métropole qui sont en retard sur ces sujets ».