La ville Tombe dans le panneau

Gilles Durand
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M.Libert / 20 Minutes

Les panneaux publicitaires, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. Ce message, le collectif des Déboulonneurs qui milite contre « l'invasion publicitaire », va le décliner ce soir lors d'une 34e action de barbouillage. « On a recensé 750 panneaux publicitaires sur la commune lilloise, dont un tiers est sauvage », peste une membre du collectif.

Une compétence transférée
En effet, depuis un an, la ville de Lille tente, en vain, de lutter contre la prolifération de la pub sur l'espace public. Si 307 panneaux sont gérés par une régie municipale et une bonne partie par le bailleur social LMH, il reste environ 200 emplacements « qui contreviennent au règlement municipal de la publicité sur la voirie mis en place il y a un an », constate Jacques Richir, adjoint (MoDem) au cadre de vie à la mairie. « Rue Javary, derrière le Zénith, on en a répertorié neuf qui n'ont rien à y faire, assure le collectif. Seul le Vieux-Lille reste protégé ».
Or, les afficheurs semblent avoir encore quelques beaux jours devant eux. D'abord, l'Union de la publicité extérieure (UPE)* a déposé un recours auprès du tribunal administratif. Ensuite, la ville de Lille se réfugie derrière la loi « Grenelle 2 » qui, depuis le début d'année, enlève à la commune sa compétence sur le règlement local de publicité. « C'est la communauté urbaine qui va désormais être en charge de ce dossier », se défend Jacques Richir. Or ces nouvelles dispositions législatives ne sont pas encore applicables « car elles supposent un décret non encore paru à ce jour », explique la préfecture. La ville peut donc toujours exiger le retrait des panneaux non conformes. Son règlement reste valable pour une durée maximale de dix ans.
* Contactée, l'UPE n'a pas donné suite.