Chère cérémonie nordiste !

Gilles Durand

— 

Des vœux jugés trop dispendieux. Aujourd'hui se tiennent conjointement à Lille et à Arras les cérémonies de vœux des deux conseils généraux. Avec deux philosophies radicalement différentes. D'un côté, une grand-messe organisée au Zénith de Lille par le département du nord et dénoncée par les syndicats SUD et CGT. « Le coût avoisine les 250 000 € », affirme Olivier Treneul, délégué Sud. De l'autre, le département du Pas-de-Calais se contente d'une courte intervention du président dans la salle des fêtes du conseil général. Pour un budget de... 3 190 €, selon l'institution. « Comme tous les autres services, le protocole a subi des coupes budgétaires », souligne-t-on dans le Pas-de-Calais.

Un coût estimé à un million d'euros
Et encore, le syndicat SUD estime à un million le coût global de toutes les cérémonies de vœux. « Il faut aussi prendre en compte la journée de travail perdue pour les 8 000 agents, une cérémonie pour les assistantes familiales, une autre pour les agents de collège, les vœux à la presse », souligne les syndicalistes, qui parlent de « gabegie ». La pilule a d'autant plus de mal à passer « à l'heure où on ne cesse de parler de restriction budgétaire et où on supprime des postes d'agents », lance Martine Vis, pour la CGT. Contacté, le conseil général du Nord n'a pas souhaité s'exprimer.
Au conseil régional aussi, on préfère le faste. La cérémonie officielle des vœux « aux corps constitués » (les personnalités) se tient ce soir, au Nouveau Siècle, avec l'orchestre national de Lille en renfort. Mais la région se dit incapable de donner un chiffre pour ces festivités, noyées dans un budget global pour l'année. « À cette question, le président de région nous a répondu qu'il estimait le coût total de tous les vœux à 70 000 € », se souvient le conseiller régional (FN) Steeve Briois. Au moins, ça fait marcher les affaires des traiteurs.

Prime

Les syndicats CGT et SUD reprochent aussi une autre dépense du conseil général : l'augmentation, fin 2010, des primes pour les cadres, ce qui représente un coût annuel supplémentaire de 1,6 million d'euros.