L'illettrisme, un des gros maux de la région

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C'est la plaie du Nord-Pas-de-Calais. Il ne reste plus que deux petites années pour atteindre l'objectif ambitieux du plan « Lire écrire agir »: ramener le taux régional d'illettrés de 15 % à la moyenne nationale de 9 %. Or, la route semble encore longue. Hier, pour présenter diagnostic expérimental qui vient d'être établi à Lens et dans la Sambre, Etat et région faisaient le même constat : il faut d'abord « identifier tous les acteurs et les structures qui œuvrent contre l'illettrisme ». Pour l'instant, les pouvoirs publics restent un peu dans le flou quant aux moyens à mettre en place pour éradiquer le phénomène.

On lit moins qu'ailleurs
« Il existe des facteurs spécifiques à la région qu'on a du mal à identifier, mais aussi des pratiques culturelles un peu différentes », avoue Pierre Stussi, secrétaire général pour les affaires régionales à la préfecture. Principale cause, d'après lui : on lit moins qu'ailleurs. « C'est lié à un certain emploi de la langue », éclaire Marlène Guillou, correspondante académique de la prévention de l'illettrisme. Une langue qui est plus portée sur l'action immédiate que vers l'évocation. En clair, trop de « passe-moi le sel », et pas assez de récits. Ces difficultés, elles commencent dès la maternelle. C'est pour cette raison que l'Education nationale a innové cette année, en nommant deux nouveaux inspecteurs dans la région. Ils seront chargés spécifiquement de repérer les difficultés des enfants. Quant aux progrès dans la région, on en saura un peu plus dans un an, avec une nouvelle enquête Insee.Gabriel Thierry