Turbulences sur la fin de règne de Pierre Mauroy

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L'ancien maire de Lille face à son passé.
L'ancien maire de Lille face à son passé. — M.Libert / 20 Minutes

Une affaire empoisonnée d'emploi fictif présumé. Pierre Mauroy, ancien président (PS) de la métropole lilloise est convoqué cet après-midi, au tribunal de Lille pour s'expliquer sur l'embauche de Lyne Cohen-Solal comme attachée de presse de la communauté urbaine... en 1992. En neuf mois, elle va toucher 90 000 francs, soit 19 000 €. Problème, l'actuelle adjointe (PS) au maire de Paris était en même temps rédactrice en chef de l'ancien journal socialiste Vendredi. Ce double emploi, Eric Darques, ex-élu de droite de Lambersart, le dénonce et porte plainte en juin 2000. De nombreux rebondissements plus tard, et malgré une demande de non-lieu du parquet, l'instruction a fini par renvoyer Pierre Mauroy en correctionnelle pour « détournement de fonds publics », en compagnie de son ancien directeur de cabinet, Bernard Masset pour complicité et de Lyne Cohen-Solal pour recel.
« C'est un acharnement judiciaire sur un homme qui a toujours eu les mains propres », proteste Me Jacky Durand, avocat de Pierre Mauroy qui rappelle que « pour des sommes plus importantes, d'autres hommes politiques n'ont jamais été inquiété ». Un argument qui révolte Eric Darques. « A ce titre, on peut relaxer tous les voleurs de mobylettes », lance-t-il. Pierre Mauroy risque trois ans de prison. A 82 ans, il doit abandonner son mandat de sénateur l'an prochain.G. D.