L'acquittement de la suspecte, sept ans après

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Libre ! Coup de tonnerre, hier soir, aux assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer. Sept ans après le meurtre de Monique Lejeune, à Coulogne, les jurés ont acquitté Béatrice Matis, l'ex-épouse du mari de Monique. Un mois après le meurtre, elle avait avoué, avant de se rétracter. Mise en examen, elle avait purgé 28 mois de détention préventive. « Jusqu'au bout, cela a été l'angoisse », confiait, les larmes aux yeux, Béatrice Matis, après le verdict. Il n'a fallu que deux petites heures aux jurés pour délibérer. « C'est un verdict logique avec une enquête aussi bâclée », admet Me Roy-Nansion, avocate de la famille de la victime, partie civile. En effet, lors de la découverte du corps, des bénévoles de ligue de protection des animaux avaient souillé la scène du crime. Et « des empreintes digitales n'avaient pas été examinées », renchérit Me Eric Dupond-Moretti, qui défendait l'accusée.

Une première « historique »
Enième acquittement obtenu par le ténor du barreau, ce procès d'assises a été aussi une première « historique ». Car dans la lignée d'une décision de la cour européenne des droits de l'homme, le verdict a été prononcé après lecture publique des seize questions auxquelles ont dû répondre les jurés. Traditionnellement, seule la culpabilité et la peine étaient évoquées. Indispensable, selon l'avocat lillois, pour « qu'on comprenne le cheminement intellectuel » des jurés. Et permettre ainsi de mieux comprendre la décision de justice. En revanche, hier soir, à Saint-Omer, c'étaient les proches de la victimes qui se retrouvaient dans le brouillard. Sept ans après, le meurtre de Monique Lejeune pourrait bien rester une énigme policière. A jamais. Gabriel Thierry