La rue masséna sous contrôle

Olivier Aballain

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Une consommation excessive d'alcool est à l'origine de la plupart des nuisances
Une consommation excessive d'alcool est à l'origine de la plupart des nuisances — M. Libert / 20 Minutes

Rue Masséna à Lille, le monde de la nuit va devoir se remettre au clair. Et la police nationale entend bien y contribuer. Dans un entretien qu'il nous accordé hier, le patron de la sécurité publique a indiqué qu'il allait multiplier les contrôles analogues à ceux menés jeudi soir dans le secteur. « Il y a des abus de la part de certains patrons de bar, explique Jean-claude Menault. Ils distribuent de l'alcool aux mineurs, ou à des personnes déjà en état d'ivresse. Et cela dégénère en incivilités, dégradation et en tapage nocturne. C'est inacceptable. » La présence policière sera donc systématique le week-end sur place. « Et nous dresserons des procès-verbaux en cas d'infraction, notamment sur la distribution d'alcool. Cela peut aller, pour les établissements qui ne respectent pas la loi, jusqu'à une sanction de fermeture administrative. »

Trop de laisser faire
Un discours très ferme qui plaît à Roger Vicot. L'adjoint à la Sécurité à Lille n'y était pas allé par quatre chemins la semaine dernière, menaçant les patrons de bars de supprimer la dérogation permettant l'ouverture jusqu'à 3 h le week-end. Un énième coup de gueule qui a fini par être entendu. « On a bien compris qu'on avait déconné, que certains avaient trop laissé faire. », reconnaît Jérémy, le patron du « Cardiac ». Habitante depuis 50 ans dans le quartier, Germaine Crochet n'en pense pas moins. « C'est devenu infernal. Le matin je dois nettoyer le vomi devant ma porte. On a toujours des promesses que ça va aller mieux, mais ça ne tient pas. ». Cette fois pourtant les bars ont créé une association, Lille Halles Nuit, pour promouvoir les pratiques permettant de diminuer les nuisances. La police promet de les aider : la semaine dernière, 29 PV d'infraction ont été dressés dans les bars contrôlés. Une procédure administrative a déjà été lancée contre l'un d'eux, qui servait deux clients en état d'ivresse manifeste.