D'accord sur le fond, mais pas sur les Roms

Olivier Aballain

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Le village d'insertion de Lille-Fives accueille cinq familles Roms depuis mars 2009
Le village d'insertion de Lille-Fives accueille cinq familles Roms depuis mars 2009 — M.Libert / 20 Minutes

Le dossier Roms a deux facettes dans l'agglomération lilloise. Côté pile, l'Etat a confirmé hier son engagement aux côtés de LMCU (la communauté urbaine) pour la construction d'ici à 2011 de six villages d'insertion en plus de ceux de Lille-Fives, Fâches-Thumesnil, Halluin et Roubaix. Côté face, le fonctionnement sera financé sur le budget consacré au logement d'urgence. Un double visage dont le symbole est Marc-Philippe Daubresse, d'après Michel-François Delannoy, vice-président (PS) de LMCU : « Cet été, ce ministre (UMP) est solidaire d'un gouvernement qui organise la chasse aux Roms, et à l'automne il vient s'accaparer nos propositions. »

Avec quels moyens ?
Le ministre des Solidarités actives a en effet repris hier une partie du projet annoncé le 1er octobre par LMCU, et qui fera l'objet d'un vote vendredi. Objectif : « Favoriser le parcours d'insertion », explique Marc-Philippe Daubresse. Sur ce point, les villages sont en bonne voie. « C'est plus stable, les enfants peuvent aller à l'école pour apprendre le Français, étudier, et après, travailler j'espère », explique ainsi Maria Pope. Installée depuis 2009 au village de Lille-Fives, elle verrait bien sa fille Agnetta dans l'industrie automobile...
Mais pour étendre le dispositif, il faut des fonds. LMCU comptait investir 100 000 € par village supplémentaire. L'Etat veut procéder autrement. Après avoir versé 300 000 € sur les premiers villages, plus 550 000 € d'accompagnement annuel, il compte maintenant sur les financements européens et le « redéploiement de moyens ». En pratique, ceux alloués aux 230 chambres d'hôtel utilisées en logement d'urgence. Sauf que, selon LMCU, il manque encore 150 places d'hébergement à l'approche de l'hiver.