Le salarié refuse la pensée unique

Gilles Durand

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Me Dominique Bianchi (à gauche), aux côtés de son client Xavier Volckrick, salarié d'Exide.
Me Dominique Bianchi (à gauche), aux côtés de son client Xavier Volckrick, salarié d'Exide. — M.Libert / 20 Minutes

Jusqu'à quel point une entreprise peut-elle s'immiscer dans la vie privée et la conscience de ses salariés ? Le tribunal de Lille va devoir répondre à cette question dans l'affaire qui a opposé, hier, la société Exide à un de ses salariés. Installée à Lille-Sud, cette usine américaine qui fabrique des batteries, est accusée d'imposer à ses employés un code de déontologie un peu trop intrusif.

Il réclame le retrait
d'une formation à l'éthique
En début d'année, un employé, est sanctionné pour avoir refusé de se soumettre à une formation à l'éthique par Internet. La CFDT décide de porter l'affaire devant la justice. A la barre, Me Dominique Bianchi, avocat pour la CFDT, s'enflamme : « Une entreprise n'a ni le droit d'imposer à ses salariés sa façon de penser, ni de les soumettre aux lois d'Oncle Sam. » Il réclame le retrait de cette formation qu'il juge illégale au regard de la loi française. Réplique de l'avocate du cabinet américain Jones Day, mandatée par Exide : « La société demande simplement aux salariés de travailler honnêtement et avec intégrité. De plus, nous avons bien précisé que certains articles de ce code ne sont pas applicables en France. » Pour elle, ce procès est sans fondement. « De l'antiaméricanisme primaire et un salarié fâché d'avoir été sanctionné », plaide-t-elle. Jugement le 30 novembre.

Départs

En ce début d'année, Exide a été confrontée à fortes baisses de commandes. En juin, la société a dû mettre en place un plan social basé sur une vingtaine de départs volontaires.